le blog officiel du sieur monsieur

Huhuhu

mercredi 30 septembre 2009

Excuses

Je vais entrer dans une fantastique période estivale qui durera jusqu'en janvier, durant laquelle je travaillerais une soixantaine d'heures par semaines. Je suis sûr que vous, lecteurs, ayant déjà vécu pareille situations, savez de quoi il s'agit. je ne suis pas certain de pouvoir préoir mes ressentis durant ce laps. Comme je ne suis pas là pour tenter un projet autobiographique, je vais arrêter ici. Je voulais vous prévenir de ma très probable absence ces quatre prochains mois, même si je n'avais pas théoriquement à le faire. Evoquer ma vie m'a semblé une bonne entrée en matière.
Cela ne s'arrête pas là. J'ai rédigé l'article d'hier sur le coup d'une émotion provoquée par je ne sais même pas quoi, et j'ai peut-être adopté sans le savoir un ton un peu différent de l'habitude. J'aime vraiment le travail de Kiaer, mais je ne saurais ni ne devrais pas dire pourquoi, en vertu du caractère assez objectif de ce blogue. Comment, dans ces conditions, vous donner l'envie et les débuts de piste pour découvrir des artistes? J'ai bien peu de moyens en somme.
D'autre part, j'ai remarqué que plusieurs personnes ont réagis assez mal au travail de Ian Kiaer, mais je ne peux que les féliciter d'avoir réagis. En effet, la plupart des gens qui jusquelà n'apréciaient pas ne le faisaient savoir que par des vocables inintelligibles, successions de rires hystériques, borborygmes et mouvements désabrobatifs du chef. D'autant que je respecte le travail et les vues de chacun de ceux qui viennent lire ici ce que j'écris. Alors, un commentaire même désaprobatif (deux fois ce mot, je sais, c'est trop) me contentera toujours plus que n'importe quelle opinion de derrière la tête.
Troisième chose, je me suis laissé séduire par le travail de cet artiste. J'utilise cette expression à dessein, car souvent je suis dans une attitude que je ne saurais pas bien définir face à nombre d'oeuvre. Je le confesse humblement. Je suis très jeune, je le répète à ceux qui s'étaient endormis, et très sujet aux influences des opinions des autres.
Le travail de Kiaer ne traversera peut être pas les siècles. Dans cinq ans je l'aurais peut-être oublié. Il est presque certain à l'heure actuelle que le minimalisme est mort en Avril 2008 avec celle de Sol Lewitt, mais je refuse de mettre le moindre pathos là-dedans. Mon travail à moi, dans son inexistance, ne passera peut-être même pas la décennie. Je refuse de mettre le moindre pathos là dedans, c'est pas mes affaires. Attendez, ce ne sont pas vos affaires, ce sont bien les miennes.

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mardi 29 septembre 2009

Sur des artistes

Dernièrement (c’était tout à l’heure), j’ai failli défaillir en entendant une adaptation d’une ballade de Villon à la chanson et avec une autre instrument. Pour me fustiger d’avoir fait preuve de faiblesse émotive face à une adaptation des plus touchantes, j’ai décidé de vous parler d’un artiste qui, dans une certaine mesure, me fait un effet semblable. Well, j’ai certe décidé de vous parler de cet artiste, mais je vais également poster un dessin de chouette.

Je voudrais par ailleurs revenir un instant, et par recueillement, sur ce brave Villon, artiste poète foutriquet et batailleur d’un Moyen-âge agonisant, dont les vers m’atteignent avec une étrange insistance. Je suis peut être simplement de ceux qu’émeut l’évocation d’un vertigineux passé dont on ne peut rien appréhender si ce n’est de faibles marques (poèmes, récits, images miniatures.) out of the mist of time.

 

Ian Kiaer est un artiste britanniques qui vit et travaille à Londres, après avoir été mis au monde dans cette même ville en 1971 et avoir fait son cursus artistique dans l'ordre: au Wimbledon School of Art (Londres) (1990-1991), au Slades School of Art (university college London, BA fine art , 1991-1995) et au Royal College of Art, à Londres, diplômé en peinture, entre 1998 et 2000. C’est donc globalement un artiste jeune comme vous et moi. Ou pas vraiment.

Je ne désire ni ne peux parler de cet artiste en termes exacts, historiques, ou vous informer sur ses revirements artistiques, ses choix, ou quoi que ce soit qui ait un rapport avec la vérité. Ce que je ferais dans ce texte, c’est parler de son travail de la manière dont je le vis, le vois, etc. Bien sûr, j’adjoindrais à mes propos de belles images en couleur, il ne faut quand même pas exagérer. Même alors, je ne vous forcerais pas à lire mes inepties,si vous allez directement à la fin de l’article, il y a un dessin de chouette si ça ne vous intéresse pas.

j'ai découvert Ian Kiaer juste cette année, au début du mois, car il est exposé dans une salle de la Sucrière, qui est je le rappelle une friche industrielle lyonnaise qui accueille tout les deux ans depuis 2003 une partie de la Biennale d’art contemporain de Lyon. Voici une photographie partielle de l’installation.

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J’avoue qu’un certain nombre de personnes ont été ouvertement déçues par l’aspect indigent de cette œuvre. Une critique du Figaro parle même d’une « baudruche dégonflée assez vite vue ». Je ne peux pas contredire les gens qui pensent ainsi, car tout ce qu’ils reprochent à l’œuvre de Kiaer est vrai (hormis le fait qu'il se "fout de notre gueule"). Ce ne sont que des objets fabriqués par l'artiste ou simplement ramassés, puis posés dans l'espace d'exposition: des bouts de plastique posés au sol ou collés aux murs, des vieux morceaux de polystyrène roses sale, d’affreuses maquettes en carton gris, et une fragilité générale ambiante. Tout au plus, il y a une faible harmonie colorée: rose et gris. 


Après recherches, beaucoup des pièces de Kiaer sont faites dans le même esprit :


ian_kiaer_house


Et beaucoup de ses œuvres semblent faire partie d’un vaste projet qui s’appelle « Endless House project » + une mention particulière à chaque installation. Cette manière d'aborder le travaille artistique, comme un projet unique sans fin, me conforte dans l'idée que j'ai du travail des artistes quels qu'ils soient. 

 

Ce que ces gens ne savent pas apprécier, c’est cette œuvre dans son intégrité. Chacun de ses élément n’est pas à comprendre comme une œuvre à part entière. C’est l’interaction entre tous ces éléments malades, au bord de la ruine, de la destruction, qu’il faudrait apprécier. Il ne s’agit pas d’une poésie de l’éphémère et des évènements microscopiques de la vie, mais de la mise en évidence de notre condition extrêmement précaire, entre la chute et l’équilibre, et entre la vie et l’oubli. Ce faisant, ces œuvres sont à mon sens extrêmement sentimentales, possèdent le caractère pauvre et indigent des sentiments d’attachement qu’on peut avoir vis-à-vis des choses.

Certes, ceux qui n’apprécient pas ne sont peut-être pas habitués aux œuvres à caractère minimaliste. Souvent les gens ressentent une sorte d'agression s'ils ne comprennent pas. J’avoue avoir été introduis comme il se doit au travail de ces artistes, et avoir plus de facilités à apprécier des travaux  minimaux. Il faut donc peut-être que j’introduise un peu le travail des artistes minimalistes? Non ? Il y a une image de chouette, sinon.

Bon. Chez les minimalistes, il n’y a pas d’esthétique du rien-du-tout : si toute donnée relative à la beauté est évacuée, c’est parce que les artistes s’intéressent désormais au temps et à l’espace en eux-mêmes, quand ils permettent de créer une nouvelle expérience artistique. Ce ne sont plus les même matériaux: On peint avec l’espace et avec le temps. Si ça vous intéresse, voici quelques noms : Sol Lewitt, Carl Andre, Robert Morris, Dan Flavin, d’autres plus récents comme Vincent Lamouroux.

Ces minimalistes ont défini une nouvelle façon de penser l’œuvre. Beaucoup d’artistes en sont les héritiers plus ou moins direct. Je ne sais pas si je peux rajouter quoi que ce soit sur Kiaer ou sur les Minimalistes avant de perdre tous mes petits lecteurs: je ne peux convaincre personne car il n’y a personne à convaincre de quoi que ce soit.  Si toutefois un lecteur ou une lectrice avait quoi que ce soit à dire sur Kiaer, la biennale ou les Minimalistes, il lui sera possible de faire partager ses remarques désobligeantes juste en-dessous. Je serais même ravis et l'encourage dans cette voie.

Sans plus attendre, un dessin de chouette.

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lundi 28 septembre 2009

Mamie douceurs

Divertissement littéraire à caractère fictionnel.

 

Hier j’ai été interpellé par un étrange olibrius que je ne connaissais pas, et qui semblait pour le moins cocasse. Il arborait avec une élégance non dénuée de fierté un vaste pantalon noir paprika, sans doute provenant de quelque contrée fabuleuse et imaginaire comme la Bulgarie, ainsi qu’une veste rose carrelée de jaune-mauve. L’homme se déplaçait un formant des triangles. Je remarquais sa démarche titubante et entrepris de lui faire une leçon de morale à propos de l’abus d’alcool, puisqu’il avait l’audace de s’approcher de moi et de me héler. Il fit : Héla ! Je lui rendit son héla par une sorte de Hélo que j’ai appris à Cancun. Il ne devait pas beaucoup aimer ce type d’entrée en matière pour la conversation, car il eut un sourire mauvais.

Nous étions alors à l’endroit de la Volksstrasse qui monte vers le clocher au cours d’une pente à trente degré bien connue des vendeurs de pastèques géantes, surtout quand vient la nuit et que l’on ne voit plus rien de ce qui nous entoure, à cause de l’éclairage défectueux. J’ai à ce propos quelques amis travaillant dans ce beau domaine sur cette belle perspective où il se passe tant de choses.

Mon ivrogne proposa que l’on fasse un petit tour ensemble, ce que j’acceptais fort volontiers, étant moi-même en ballade. 

Nous n’avions fait que quelques mètres en direction des docks, mais mon étrange homme saoul commença à montrer des signes de faiblesse, ou d’énervement, ou d’excitation. Comme je ne voulais pas le décevoir, je ne lui fis pas remarquer, mais n’engageais pas la conversation pour autant. Parvenus aux abords d’une ruelle, il se précipita en son ombre sans prendre congé. Contre les immeubles, il n’y avait pas d’échelle de sécurité malgré la réglementation, mais je décidais de ne pas lui faire remarquer pour plusieurs raisons, la première étant qu’il était déjà loin. Comme c’était à prévoir, il glissa sur les quais huileux et tomba à l’eau. J’attendis plusieurs minutes pour voir s’il allait ressortir ; puis, comme il n’en faisait rien, je décidais de continuer seule. Ses goujateries m’étaient devenues insupportables, bien qu’elles ne lui étaient pas vraiment familière. Cette courte aventure m’étonna, mais pas plus que ce qui arriva ensuite.

Alors que je m’engageais dans la courte ruelle que mon ivrogne venait de parcourir, je remarquais une petite forme rectangulaire encastrée dans le mur, qui ressemblait fort bien à une porte de dimension réduite. Mais sa surface ne différait pas de beaucoup de la surface du mur : en réalité seule une mince aspérité détourait cette petite porte mystérieuse. Je l’ouvris ; face à moi il y avait un long couloir, qui descendait au moins autant que monte la Volksstrasse. Il fallait le suivre, et je me mis à en parcourir les parois humides d’une seule main, pendant une demi-heure. Je devais alors être en dehors de la ville, car d’ordinaire je traverse la ville entière en moins d’une demi heure. C’est alors que j’ai commencé à entendre les petits pas, qui ne me sont pas devenus familiers depuis, dieu merci. C’étaient des petits pas très normaux, à la différence près qu’ils n’auraient certainement pas dû résonner ici, sur ces parois de briques. Au début, ils allaient en s’éloignant, comme si un nain quelconque de sous les cathédrales s’enfuyait en m’entendant approcher. Je l’entendais mieux quand je m’arrêtais pour mieux entendre. Bientôt, il dû y avoir une sorte de couloir adjacent, car vingt mètres devant moi, sur la gauche, j’entendis quelqu’un faire la vaisselle. Puis, un Chinois jongler avec des cuillers dans une sorte de rythme oriental inconnu à mes oreilles.

Après une longue attente les petits pas reprirent, mais dans ma direction, et avec une insistance presque méchante. Il n’y avait pas qu’une seule série de pas : une autre se démarquait, moins petite, ainsi que des respirations de rhinocéros. Est-il nécessaire de préciser que je ne voyais rien car j’avais gardé mes lunettes noires et qu’il n’y avait pas d’éclairage dans cette partie de la ville ? Quelle idée stupide, d’avoir placé cette porte ici, me dis-je en mon for intérieur.

Ne voulant pas provoquer un accident de la route souterrain- je ne savais pas, pour n’avoir pas vu de panneaux du tout, si c’était une voie à sens unique- je rebroussais chemin et gagnais par la rue ma petite maison. En passant j’achetais quinze kilos de chatons, pour l’hiver.

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dimanche 27 septembre 2009

Chapitres guerriers

« Perdu à cause d’un vieux fritz,

Les Prussiens

Ratent leur train

A la gare d’Austerlitz. »

Cinquante neuf détonations rendent sourds cent deux mille petits hommes dont un sosie de Ravel posés sur une sombre petite plaine. Un quart d’instant plus tard, il n’y a déjà plus que de la nuit, une grande nuit sans fond que poudre une poudre noire- celle des soldats.

Les soldats, ces fonctionnaires territoriaux, dispersent alors quantité de nuages : décharges puis nuages se succèdent dans de brèves saccades enragées, chaque coup rapprochant les deux factions l’une de l’autre. La terre, soulevée d’effroi, rejoint le ciel en une courbe parabolique puis se repose et recouvre des petites choses sans importance en plaques épaisses. Un général qui passe par là cherche à se faire voir par tous les moyens ; aux yeux de ceux qui l’accompagne il change de profil toutes les secondes pour trouver le meilleur.

Les soldats entrent dans une zone d’intense brouillard noir fort épais, où plus rien ne ressemble plus à rien. Le sol se décolle. Le soldat George crie au scandale : dans un trou il essaie d’allumer une bougie pour un camarade mort, mais ne peut le faire : chaque fois quelque chose emporte l’allumette. Au dessus le caporal Jambon essaie de le raisonner, mais il n’y prête pas attention, la voix du caporal étant recouverte par le bruit.

Une charrette de citrons culbute sur la trajectoire d’un groupe de soldats hardis. Leur caporal hurle sa déception et son incompréhension, en bon responsable : « Maudits citrons ! ».

Très vite tous ont disparu vers d’autres lieux où l’on a besoin d’eux. Le caporal se saisit d’un citron, et, avant qu’il ne disparaisse tout à fait, on aperçoit la tension de son bras pour éjecter le fruit dans la direction des bruits.

Les pas sourds de petits soldats tasse leurs pieds au plus profond de leurs bottes, et les portent assez loin pour qu’ils rejoignent un fond sonore d’une extrême acuité. Ce groupe là passe en courant sans plus prêter attention à Jambon et à George. Le dernier de la file cependant glisse et tombe dans le trou où est George.

-« Salut, comment t’appelles tu ?  crie George comme un fou. Il casse sa voix.

Une violente accalmie fait cesser le brouhaha. On n’entend plus les soldats crier, les squelettes grincer, les canons éclater, les citrons exploser, ni la fille de la maintenance épandre du sel pour que ça ne gèle pas ou des obus siffler la marseillaise. Très loin, sur une colline, dans un belvédère, l’orchestre entame un très calme adagio qu’on entend à peine.

-Moi c’est Martin, et j’en ai vraiment assez de la bataille. J’aimerais être ce soir quand tous éteindrons leurs fusils pour aller dormir.

-Oh, réponds George, on bénéficie d’un petit moment de calme. Peut être que ça va durer.

Le boucan reprend depuis très loin et se propage plus vite que le son dans de nombreuses directions.

-Ca ne sera jamais finit ! hurle Martin à s’en décrocher les yeux. »

La seule réponse de George, que personne n’entendra, fut un faible « oui, la guerre. » 

Pendant dix minutes c’est un vacarme infernal de bruits mélangés et les trois amis attendent avec anxiété la prochaine accalmie qui arrivera sans prévenir. Ils craignent en silence le moment où toute la poussière retombera.

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lundi 21 septembre 2009

Contes à faire peur

La rubrique de Mamy douceurs

Aujourd’hui Mamy douceurs va me remplacer un court instant,   faire quelque chose d'inhabituel et  vous raconter une histoire incroyable.

« Un jour que je me promenais sur le chemin qui mène à chez moi, j’ai vu un pot de rillettes entamé au bord du chemin. Je suis allé faire une déposition chez les policiers qui ont commencé par ne pas me croire. Il commençait à faire tard, mais j’ai quand même décidé d’emmener ces jeunes foutriquets sur les lieux pour leur montrer  les rillettes dans les landes. Il faisait sombre sur la plaine. Le vent passait entre les branches des arbres aux alentours, et les galets sur le chemin semblaient disposés sans aucune imperfection. En chemin ne nous ne parlions pas, j’étais trop occupée par l’image persistante du pot de rillettes –et surtout de son contenu. Arrivés sur place, ils ont bien évidement consigné ma découverte. Ah, je peux vous affirmer qu’ils ne faisaient plus les fiers ! Ils ont pris note de beaucoup de détails, puis ont pris des photographies, et un employé a enregistré ma déposition.

Comme ils avaient trop honte de leur erreur, ils ont pris un autre chemin pour revenir au poste, pour ne pas avoir à continuer une conversation décente avec moi. Juste devant chez moi j’ai alors vu passer un portemanteau.

Je me suis endormie sans soucis, d’un sommeil de plomb superficiel. Le lendemain j’ai couru acheter le  journal chez le marchand de journaux et j’ai vu qu’ils parlaient des rillettes dans les landes. Leur article contenait beaucoup d’inexactitudes, mais je leur pardonne sincèrement : je suis allé à la rédaction et j’ai fournis un plan détaillé de l’évènement ainsi que de la position géographique du pot de rillettes. J’ai même accompagné un journaliste à l’air fatigué le long de la Volksstrasse jusqu’aux landes et je lui ai montré les rillettes. Ce fut stupéfiant : à un yard du pot de rillettes, un autre pot était visible, dans le même état que le premier. Le jeune journaliste ne put s’empêcher de montrer sa joie. Je l’ai alors apostrophé d’un « ne vous formalisez pas ! » puis je lui ai conseillé de ne pas travailler la nuit s’il voulait que les nouvelles soient fraîches. Penaud, il est reparti en direction de la Volksstrasse, et je l’ai laissé faire. Puis je suis allé faire une nouvelle déposition à la police, où tous furent sidérés, mais j’ai bien sûr omis de leur parler du portemanteau quand j’ai remarqué qu’il leur en manquait un.

Il devait être plus de onze heures-et je suis allé déjeuner chez le Général –car on était jeudi, ou samedi-, où il me fit goûter à de délicieuses endives qu’il avait fait lui-même. C’est au moment du café que je lui ai raconté mon étrange aventure de rillette. « Fascinant, a-t-il dit après que j’eu raconté mon histoire –en omettant le passage du portemanteau et celui des crabes-, j’ai moi-même des rillettes très chère, suivez-moi à la cave si vous le voulez bien, je vais vous les montrer ». J’ai dit bien volontiers, et nous avons descendu le petit escalier de pierre jusqu’en bas. A ce moment le téléphone a sonné en haut et mon hôte a du aller répondre. J’ai donc commencé la visite sans lui. J’ai bien vu les rillettes, elles me semblaient en tout point semblables  aux premières rillettes sur le chemin dans les landes, bien qu’il fit très froid à cette époque de l’année. Il manquait même deux pots.

Au fond de la cave se trouvait un passage secret qui n’avait pas été emprunté depuis des siècles, car la poussière était intacte. Je décidais de l’emprunter sans l’accord du général.

Ce passage menait à chez moi : il arrivait sous la trappe que j’ai dans mon salon, sous les tapis.

De retour chez moi j’ai préparé du thé et j’ai fait sonner Anna pour qu’elle appelles mes voisines. Nous avons bu du thé en jouant au tarot, et je n’ai pas reparlé avec elles des rillettes dans les landes pas plus que du passage secret.

Il fait de plus en plus froid, et bientôt il faudra se couvrir. »

                  Merci Mamy Douceurs!

A suivre: d'autres histoires de grand'mère.

Posté par monsieure à 22:42 - Les Contes du Réfrigérateur - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 14 septembre 2009

Cinéma

Il y un certain temps, je fus au cinématographe. Je suis allé voir un film que je vous recommande avec la plus extrême prudence, je veux bien sûr parler du dernier film  de monsieur Quentin TARANTINO, pirate à plein temps et cow-boy le reste du temps (?). Ce film, "Inglorious basterds" est le pire film de guerre que j'ai jamais vu. Les personne qui accordent beaucoup d'importance à la réalité historique (ou toute autre réalité) et pensent qu'elle devrait être suivie avec scrupules si l'on veut faire un film qui traîte de zones sombres et sérieuses du passé seront outrés par ce chef-d'oeuvre, comme je ne le fus pas.

Ceux qui ont la violence physique en abhorration (comme moi) trembleront la pluspart du temps au cours du film. Le corps humain, celui des méchants nazis en particulier (mais certainement pas qu'eux), y sera mutilé, enfoncé, cabossé, dispersé, écrasé, percé de petits trous de balle, puis brûlé, son visage décomposé  à la mitrailleuse,  et les survivants n'échapperons pas aux très-juste tribunal de Nuremberg par le fait d'un joli tatouage permanent. D'ordinnaire, je pense que la deuxième guerre mondiale, les juifs, les déporations sont des sujets casse-pipe au cinéma, car n'importe qui pourra venir vous voir après que vous ayez fait votre film en vous disant n'importe quoi: ceci n'est pas assez proche de la réalité historique, votre film en est trop proche, votre parti-pris est trop manichéen, vos nazis n'ont aucune façon de se racheter et vous les employez afin de justifier un carnage sur lequel n'importe qui se serait insurgé si les massacrés ne portaient pas le feldgraü. S'il est vrai que depuis la guerre, les petits nazis ne font plus peur à personne tant ils furent réduits en bouillie, tournés en ridicules et en fin de compte devenus les clowns les plus efficaces du vingtième siècle, on ne peux nier que tout ceci a certainement servi la bonne conscience des vainqueurs et en particulier des américains. On peut faire intervenir des nazis (note: ils sont détrônés, ces derniers temps, par les terroristes internationaux. Je tiens à préciser que je crois fermement à l'inexistence d'un terrorisme international, en revanche il est tout à fait possible qu'il existe des comités de censure internationaux) pour amener armes et tueries sans que ça ne soit choquant.

Ce qui m'a plu de prime abord avec ce film dont j'étais censé vous parler, c'est la manière dont le cinéaste est arrivé comme un chevalier dans un domaine aussi encombré de faux-semblants et de déjà-pensés. Certe, le film n'est pas vraisemblable même pour une fiction à base historique. Mais ce qui prime sur cette lourdeur historique si souvent resservie, et sur cette facilité à employer des nazis, c'est justement le fait que Tarantino ne s'est encombré de rien de ce qui ne s'était fait auparavant, ou en tout cas rien sur ce sujet particulier. Si on y abolit tout l'être du nazi, c'est lucidement, sans pudeur aucune, d'une manière totalement assumée,  pas par prétexte idéologique ou cinématographique. Et plutôt que de tenter le point de vue inverse (la résistance allemande par exemple) et de tomber dans les mêmes clichés (résistance héroïque, seule face à la cruauté et à la barbarie) il reprend exactement les même schémas que ses prédecesseurs  et les pousse jusqu'à l'absurde, au moment où tout sens s'annule et s'abîme.

J'ai bien aimé ce film.

cadavredehitler

Une photographie de Hitler mort.

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vendredi 4 septembre 2009

Dessins

J'ai vraiment trop honte.

Pour me faire pardonner, j'ai décidé de vous montrer quelques dessins: des animaux habillés avec des vêtements d'humains (combinaison réalisées avec plus ou moins de bohneur), et d'affreux Citrons. Soit dit en passant, et à propos du thème fascinant des Citrons: sur Google il n'y aucune réponse (pour l'instant...) aux recherches du genre "les abominables citrons", "méfiez-vous des Citrons", "citrons épouvantables". En revanche, en tapant uniquement le mot "Abominable", on peut tomber sur plusieurs images d'oeufs durs mayonnaise. Cherchez l'erreur, je vous promet que ce n'est pas dur à trouver.

Quoi qu'il en soit en réalité, -et aussi risible que soit l'idée de quelqu'un que les oeufs durs mayonnaise terrifient-, je serais sans doute de ceux à qui revient la gloire d'avoir remis au goût du jour des recherches incongrues telles que "Mathoeufs" (on ne rit pas: le premier lien sur Google référence ce blogue) et "citrons affreux".

Mais sans plus tarder, des animaux. Voici donc de gauche à droite: Archibald l'Opossum, Yvette la Girafe (victorienne) et Hubertine la Gazelle de neige (qui n'a rien de particulièrement neigeuse)

animaux

Et puis, pour vous plonger au coeur des abîmes du cauchemar,  des citrons.

citrons__   File0001   File0002

Dernière remarque: évidement il est possible, en cliquant dessus, de rendre les images plus grandes. Si vous ne le saviez pas, c'est que vous ne fréquentez pas de sites avec des images.

J'allais oublier: pour faire plaisir à certains, un lien violet qui mène à un de mes textes précédents, lui-même précédé d'un lien violet qui ne fonctionne pas.

canards carnivores

http://blogmonsieur.canalblog.com/archives/2009/06/14/index.html

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dimanche 23 août 2009

Juste un citron

Non... Pas eux.

Pas ceux-là, que nous avions eu l'imprudence de considérer jusque là comme de simples fruits. Pas ceux-là, pas ces fruits-là. N'importe quels autres, mais pas des citrons...! Pas des citrons, oh non, pas des citrons!! pitié, ayez pitié de notre âme et de celle des Citrons, et faites cas de nos misérables revendications, car eux, dans leur grande Jaunesse, n'auront aucune pitié... Ayez pitié, seigneur, dans toute votre impuissance, de nous et de nos Citrons!

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samedi 22 août 2009

Plaine, montagnes: pièce de réflexion.

Un paysage ne peut pas éternellement rester emprunt d'un calme géologique, et c'est fort dommage. Il faudrait pour cela se rendre sur Mars, la Lune, ou toute autre planète désuette et cependant gavée de déserts jusquà écoeurement. Dès que les strates ont fini leurs révolutions, des graines poussées par la vent viennent envahir les roches inhospitalières, telles une pluie séminale impie, sans interruption, en nombre et variété infinie, où le plus délicates mourront. La vallée en contrebas, fertile et grossièrement limoneuse, porte depuis longtemps des arbres opulents, des plantes en regorgements infinis, à la luxuriance établie. Mais sur le désert des hauteurs, viennent se fixer des végétaux frustres et solides, rejetons fous de temps désertiques, animaux absurdes aux formes aigues. Ce seront d'abord des mousses infimes qui créent leur propre pourriture, faisant de leur mort ce terreau gras-nuleux où se fixent d'autres mousses, et quand la terre est assez tassée les aridités des hauteurs acceuillent arbustes secs, fougères vulgaires, arcs de  ronciers vertigineux penchés et inconscients. Une vie de plus en plus variée, salade grinçante et crissante, s'établit à flanc d'improbabilités minérales. Alors qu'en bas une vie tout aussi misérable, misérablement grasse, pousse son feuillage à tout envahir.

Et si la civilisation -où n'importe quelle autre civilisation- vient s'installer ici, ce sera au creux de la vallée car elle offre plus de facilités  et une scandaleuse fertilité au développement des hommes. En aucun cas ils ne viendront dans la courte forêt des sommets, aux décomposeurs fragiles, hasardeux. Et dans la plaine, la végétation ne pourra plus exercer sa vivacité libérale que dans se formes les plus misérables.

Qu'on essaye seulement  d'importer les vielles plantes grasses de la plaine sur le plateau: elles y mourrons en peut de temps, sans pouvoir coloniser ces lieux. Et si elles ne peuvent le faire, nul autre qu'elle ne le  tentera.

L a densité sévère et prussienne des bois d'exploitation où chaque élément s'élève comme une noire arête de poisson dans un étalage de fossiles.

Je suis partis pour quelques jours dans un lieu inconnu, et que la plus grande majorité  d'entre vous inconnussent commen il se doivent. Quelqu'un pour nourrir les Dermestes?

Ah, et pour ceux qui prennent plaisir à regarder mes épouvantables prises de vue: mise à jour récente sur mon flickr.

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mardi 18 août 2009

Quite often

L'Aiglopin est conditionné par deux parties opposées. Il n'hésite pas, n'attend pas, n'est jamais circonspect.

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dimanche 9 août 2009

Nevermore

Le Salabot n'aime pas Flaubert ni même Carthage, et y préfère Pau, ou Poe. Beaucoup pensent que le voir est un présage, le problème est que personne ne sait quel genre de chose il prédit. La vérité est qu'il prédit n'importe quoi. Personne ne prête attention à lui, et il passe le plus clair (ou sombre?) de son temps perché sur un buste féminin (Diane?) au fond d'une mare.

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