lundi 28 septembre 2009
Mamie douceurs
Divertissement
littéraire à caractère fictionnel.
Hier j’ai
été interpellé par un étrange olibrius que je ne connaissais pas, et qui
semblait pour le moins cocasse. Il arborait avec une élégance non dénuée de
fierté un vaste pantalon noir paprika, sans doute provenant de quelque contrée
fabuleuse et imaginaire comme la Bulgarie, ainsi qu’une veste rose carrelée de
jaune-mauve. L’homme se déplaçait un formant des triangles. Je remarquais sa
démarche titubante et entrepris de lui faire une leçon de morale à propos de
l’abus d’alcool, puisqu’il avait l’audace de s’approcher de moi et de me héler.
Il fit : Héla ! Je lui rendit son héla par une sorte de Hélo que j’ai
appris à Cancun. Il ne devait pas beaucoup aimer ce type d’entrée en matière
pour la conversation, car il eut un sourire mauvais.
Nous
étions alors à l’endroit de la Volksstrasse qui monte vers le clocher au cours
d’une pente à trente degré bien connue des vendeurs de pastèques géantes,
surtout quand vient la nuit et que l’on ne voit plus rien de ce qui nous
entoure, à cause de l’éclairage défectueux. J’ai à ce propos quelques amis
travaillant dans ce beau domaine sur cette belle perspective où il se passe
tant de choses.
Mon
ivrogne proposa que l’on fasse un petit tour ensemble, ce que j’acceptais fort
volontiers, étant moi-même en ballade.
Nous
n’avions fait que quelques mètres en direction des docks, mais mon étrange
homme saoul commença à montrer des signes de faiblesse, ou d’énervement, ou
d’excitation. Comme je ne voulais pas le décevoir, je ne lui fis pas remarquer,
mais n’engageais pas la conversation pour autant. Parvenus aux abords d’une
ruelle, il se précipita en son ombre sans prendre congé. Contre les immeubles,
il n’y avait pas d’échelle de sécurité malgré la réglementation, mais je décidais
de ne pas lui faire remarquer pour plusieurs raisons, la première étant qu’il
était déjà loin. Comme c’était à prévoir, il glissa sur les quais huileux et
tomba à l’eau. J’attendis plusieurs minutes pour voir s’il allait
ressortir ; puis, comme il n’en faisait rien, je décidais de continuer
seule. Ses goujateries m’étaient devenues insupportables, bien qu’elles ne lui
étaient pas vraiment familière. Cette courte aventure m’étonna, mais pas plus
que ce qui arriva ensuite.
Alors que je m’engageais dans la courte ruelle que
mon ivrogne venait de parcourir, je remarquais une petite forme rectangulaire
encastrée dans le mur, qui ressemblait fort bien à une porte de dimension
réduite. Mais sa surface ne différait pas de beaucoup de la surface du mur : en réalité seule
une mince aspérité détourait cette petite porte mystérieuse. Je l’ouvris ;
face à moi il y avait un long couloir, qui descendait au moins autant que monte
la Volksstrasse. Il fallait le suivre, et je me mis à en parcourir les parois humides
d’une seule main, pendant une demi-heure. Je devais alors être en dehors de la
ville, car d’ordinaire je traverse la ville entière en moins d’une demi heure.
C’est alors que j’ai commencé à entendre les petits pas, qui ne me sont pas
devenus familiers depuis, dieu merci. C’étaient des petits pas très normaux, à
la différence près qu’ils n’auraient certainement pas dû résonner ici, sur ces
parois de briques. Au début, ils allaient en s’éloignant, comme si un nain
quelconque de sous les cathédrales s’enfuyait en m’entendant approcher. Je
l’entendais mieux quand je m’arrêtais pour mieux entendre. Bientôt, il dû y
avoir une sorte de couloir adjacent, car vingt mètres devant moi, sur la
gauche, j’entendis quelqu’un faire la vaisselle. Puis, un Chinois jongler avec
des cuillers dans une sorte de rythme oriental inconnu à mes oreilles.
Après
une longue attente les petits pas reprirent, mais dans ma direction, et avec une insistance presque méchante. Il
n’y avait pas qu’une seule série de pas : une autre se démarquait, moins
petite, ainsi que des respirations de rhinocéros. Est-il nécessaire de préciser
que je ne voyais rien car j’avais gardé mes lunettes noires et qu’il n’y avait
pas d’éclairage dans cette partie de la ville ? Quelle idée stupide,
d’avoir placé cette porte ici, me dis-je en mon for intérieur.
Ne
voulant pas provoquer un accident de la route souterrain- je ne savais pas,
pour n’avoir pas vu de panneaux du tout, si c’était une voie à sens unique- je
rebroussais chemin et gagnais par la rue ma petite maison. En passant
j’achetais quinze kilos de chatons, pour l’hiver.
lundi 21 septembre 2009
Contes à faire peur
La rubrique de Mamy douceurs
Aujourd’hui Mamy douceurs va me remplacer un court instant, faire quelque chose d'inhabituel et vous raconter une histoire incroyable.
« Un jour que je me promenais sur le chemin qui mène à chez moi, j’ai vu un pot de rillettes entamé au bord du chemin. Je suis allé faire une déposition chez les policiers qui ont commencé par ne pas me croire. Il commençait à faire tard, mais j’ai quand même décidé d’emmener ces jeunes foutriquets sur les lieux pour leur montrer les rillettes dans les landes. Il faisait sombre sur la plaine. Le vent passait entre les branches des arbres aux alentours, et les galets sur le chemin semblaient disposés sans aucune imperfection. En chemin ne nous ne parlions pas, j’étais trop occupée par l’image persistante du pot de rillettes –et surtout de son contenu. Arrivés sur place, ils ont bien évidement consigné ma découverte. Ah, je peux vous affirmer qu’ils ne faisaient plus les fiers ! Ils ont pris note de beaucoup de détails, puis ont pris des photographies, et un employé a enregistré ma déposition.
Comme ils avaient trop honte de leur erreur, ils ont pris un autre chemin pour revenir au poste, pour ne pas avoir à continuer une conversation décente avec moi. Juste devant chez moi j’ai alors vu passer un portemanteau.
Je me suis endormie sans soucis, d’un sommeil de plomb superficiel. Le lendemain j’ai couru acheter le journal chez le marchand de journaux et j’ai vu qu’ils parlaient des rillettes dans les landes. Leur article contenait beaucoup d’inexactitudes, mais je leur pardonne sincèrement : je suis allé à la rédaction et j’ai fournis un plan détaillé de l’évènement ainsi que de la position géographique du pot de rillettes. J’ai même accompagné un journaliste à l’air fatigué le long de la Volksstrasse jusqu’aux landes et je lui ai montré les rillettes. Ce fut stupéfiant : à un yard du pot de rillettes, un autre pot était visible, dans le même état que le premier. Le jeune journaliste ne put s’empêcher de montrer sa joie. Je l’ai alors apostrophé d’un « ne vous formalisez pas ! » puis je lui ai conseillé de ne pas travailler la nuit s’il voulait que les nouvelles soient fraîches. Penaud, il est reparti en direction de la Volksstrasse, et je l’ai laissé faire. Puis je suis allé faire une nouvelle déposition à la police, où tous furent sidérés, mais j’ai bien sûr omis de leur parler du portemanteau quand j’ai remarqué qu’il leur en manquait un.
Il devait être plus de onze heures-et je suis allé déjeuner chez le Général –car on était jeudi, ou samedi-, où il me fit goûter à de délicieuses endives qu’il avait fait lui-même. C’est au moment du café que je lui ai raconté mon étrange aventure de rillette. « Fascinant, a-t-il dit après que j’eu raconté mon histoire –en omettant le passage du portemanteau et celui des crabes-, j’ai moi-même des rillettes très chère, suivez-moi à la cave si vous le voulez bien, je vais vous les montrer ». J’ai dit bien volontiers, et nous avons descendu le petit escalier de pierre jusqu’en bas. A ce moment le téléphone a sonné en haut et mon hôte a du aller répondre. J’ai donc commencé la visite sans lui. J’ai bien vu les rillettes, elles me semblaient en tout point semblables aux premières rillettes sur le chemin dans les landes, bien qu’il fit très froid à cette époque de l’année. Il manquait même deux pots.
Au fond de la cave se trouvait un passage secret qui n’avait pas été emprunté depuis des siècles, car la poussière était intacte. Je décidais de l’emprunter sans l’accord du général.
Ce passage menait à chez moi : il arrivait sous la trappe que j’ai dans mon salon, sous les tapis.
De retour chez moi j’ai préparé du thé et j’ai fait sonner Anna pour qu’elle appelles mes voisines. Nous avons bu du thé en jouant au tarot, et je n’ai pas reparlé avec elles des rillettes dans les landes pas plus que du passage secret.
Il fait de plus en plus froid, et bientôt il faudra se couvrir. »
Merci Mamy Douceurs!
A suivre: d'autres histoires de grand'mère.
dimanche 14 juin 2009
Lavabo
Voici un conte du Réfrigérateur écrit un soir de pluie pas loin de Truro dans les Cornouailles, à la fin d'un long banquet (35m).
LAVABO
Ce bonhomme... n'a jamais aimé parler de lui, et c'est peut-être en cela qu'il fut quelqu'un d'extraordinnaire. Si, sous l'insistance de ses amis, il lui arrivait de le faire, c'était avec un dégoût désintéressé, ou une humilité rebutée. Un soir qu'il partageait avec ses amis un pauvre repas dans un pauvre restaurant, je lui faisais remarquer pour l'embêter ses mains sales. Il avait mangé ses moules avec les doigts, et les laissait sécher dans le jus épais et iodé en les regardant d'un air anxieu. Personne dans notre groupe ne lui indiqua les sinistres toilettes. Nous étions suffisament habitués à ses curieuses habitudes hygiéniques, et à sa curieuse peur des lavabos.
Un soir d'hiver il nous avait dévoilé cette terreur d'enfance encore bien vive et immaculée, qui l'étranglait et le faisait se tordre d'inconfort. A tous, cela nous avait paru désuet. Reste que son inconfort à lui, par effet d'amitié, ou à la faveur d'on ne sait quelle emprise de l'inconnu, se communiqua à nous. Il ne fit qu'un récit partiel et décousu de cet ancien cauchemar, que nos imaginaires respectifs remplirent de bruits et de couleurs, héritières de nos lectures horribles et naïves. Les poigs entre les jambes, le nez dans sa soupe, ce famaux soir où nous l'avions pressé avec une insistance méchante de nous raconter son histoire, il avait alors commencé d'une voix claire et franche, quoique fragile, comme celle d'une grenouille dans une canalisation.
"C'était il y a longtemps, à l'époque de l'enfance où on cesse de vous accompagner aux toilettes. Il n'y avait que cette salle d'eau de porcelaine crasseuse, peuplée de monstres béants et humides, que je craignais encore de visiter seul. Ils ressemblaient toujours à des bouches géantes, percées le plus souvent d'une cavité circulaire noire, toujours humide, qu'entravait des formes métalliques. Quelques écrans verts aqueux attrapaient la lumière sans raison apparente. Et partout c'était l'infâme couleur, ce blanc de craie lustré et râpeux, délavé en des variantes sales, noires, quoi qu'imperceptibles formant lignes stratifiées, cette matière rigide et fossile de liquides passés, victimes sans cesse des même déluges.
Mais il y avait pire. Oh oui il y avait pire. Le plus atroce des monstres était le lavabo. Le torrent des liquides qu'il avalait par sa bonde unique faisait en s'écoulant dans ses entrailles des sons creux et gargouillants, toujours les mêmes. Il y avait en son coeur un nombre déraisonnable de tubes et de syphons qui, en se remplissant ou en se vidant, hurlaient leurs bruits digestifs.
Et ces bruits noirs, mouillés, bruits d'indicibles crimes d'égorgements, bruits de machines fonctionnelles et besogneuses, résonnaient comme une musique horrifique! Mais le cauchemar ne prit pas fin. Il fallut que plus tard mon esprit apporte à ces superstitions les plus affreuses des imaginations. Subitement et par un superficiel soucis d'éclaircissement, cet égout se peupla de choses bloquées dans les canalisations. Les sifflements et ces bruits d'aspiration, de succion, furent doués d'une vie bien plus grouillante.
Vie grouillante dont l'âge d'homme ne put se débarasser. Au contraire il en fit une malédiction. L'horrible lavabo resta, invicible fantôme, comme un lourd fossile sur une étagère. Son image abhorrée, et ce son, ce son execré, fit naître cette ridicule folie dont vous me voyez aujourd'hui affligé." Sa voix avait prit le ton faible du secret.
Nous aurions ris à gorge déployée cette nuit-là, d'autant que ce récit ne fut pas raconté en ces termes romanesques, mais plutôt avec des mots simples et hésitants. Au lieu de cela, chacun avaiut recu et médité un peu la pensée, essayant de fixer une invisible et dérangeatnte vérité, qu'on voyait tantôt claire et tantôt incompréhensible, tantôt de notre monde, présente et vivante, tantôt d'un autre.
dimanche 26 avril 2009
Inquiétante étrangeté
Ces derniers temps, je ne croise pas grand monde.
Photographies idiotes, trois choisies selon l'ordre et la beauté du hasard.
dimanche 15 mars 2009
Historietta
John passait son temps à parler avec Léonine.
« Ce vieux monsieur que tu vois là est myope, mais je peux te le dire car je le connais un peu : tu ne le verra jamais avec des lunettes, il préfère les lentilles de contact. Ses yeux sont secs, il souffre… aveuglé, tâtonnant,, il titube vers les douches des filles sans le savoir pour y nettoyer ses yeux. »
Ou encore :
« C’était un authentique soir de Février : temps lugubre, pluie froide, crachin. Et les petites cours de immeubles recevaient l’eau et réagissaient en devenant noires.
George était seul à la maison et s’ennuyait. Rien ne différait de l’habitude, jusqu’à ce que le noir se fasse d’un coup et sans prévenir. Alentour il en fut de même : penchée au-dessus de la petite cour noire, une petite fenêtre rouge cessa de briller en rouge pour rejoindre l’homogénéité de la façade.
Plus de lumière, plus d’ordinateur, plus de musique, plus d’espoir : plus rien. Rapidement, George se trouva dans un nouvel état d’ennui, , et le temps de ce glissement dura exactement le temps qu’on frappe à la porte, de sorte qu’il n’eut pas à souffrir trop longtemps de cet ennui et du manque de compagnie.
C’était la voisine Alicia, une jeune étudiante en philosophie très sérieuse. Elle avait des cheveux blonds et un air assuré mais innocent. Sa silhouette générale avait la particularité d’être très mince au niveau du milieu, et de présenter des largeurs plus importantes au-dessus et au-dessous.
Ordinairement et en tant qu’étudiante elle appliquait une politique de rigueur à sa garde-robe en choisissant les vêtements les plus légers et les plus proches de la peau – les économies se faisant alors sur le col, les manches, le dos, la ceinture. Mais lorsqu’elle se présenta, dans la parfaite obscurité, à la porte de George, elle portait un large peignoir et une bougie par laquelle il devina son état.
Elle était en train, lui expliqua-t-elle , de se laver quand c’était arrivé (le noir). L’eau chaude qui lui servait à ses ablutions s’était absurdement épuisée d’un coup, et elle était allé hardiment quémander réconfort, selon le réflexe préhistorique par lequel les gens se regroupent autour des bougies dans l’obscurité naturelle.
George arrangea son intérieur dans la mesure des raies de lumière projetées par la bougie, tout content de cet élément perturbateur. Il pratiqua une sorte de monticule au centre de la table et la bougie d’Alicia y rejoignit deux autres, curieusement rouges.
Ils s’installèrent autour de cette fameuse lumière. George fit du thé à la menthe et au gingembre. Le temps qu’il ne soit plus volcaniquement brûlant, ils ne dirent rien. Ils étaient un homme et une femme, jeunes, seuls dans l’obscurité avec trois bougies et deux tasses de thé.
Une douce chaleur les enveloppa. Leurs sens se brouillèrent. Une chose irrépressible naissait en chacun d’eux et entre eux.
Mais ce n’était pas l’ombre d’un incompréhensible mysticisme préhistorique. Et si eux même ne le comprenaient pas personne ne le pouvait, et il fallait qu’ils agissent d’une manière quelconque, pour répondre à leurs désirs.
Encore plus défaite qu’à son arrivée, pleine d’excitation, elle descendit dans la rue et ramena de ce voyage non pas un jeu d’osselets pour prédire l’avenir, mais bien un Monopoly rutilant acheté dans un magasin qui n’aurait pas dû être ouvert. Ils y jouèrent jusqu’à une heure tardive, après quoi ils s’endormirent chacun de leur côté, heureux. »
John trouvait cette histoire étonnante.
mardi 17 juin 2008
Contes du Baccalauréat
Allez, un petit Conte du Réfrigérateur pour tous ceux qui passent le baccalauréat et à qui ça plait pour d'obscures raisons. Joyeux Noël!
"Conte du Bac", in Les Guerres Bureaucratiques.
La chaleure écrase sans pitié les poux entre son pouce et son index suant et collant. Sur le ciel gris de l'Ouest de tranchants bouts de ciel bleus lentement s'effilochent, au Sud une tempête noire se profile, à l'Est s'accumulent de sombres cumulus, et les pauvres élèves, écrasés de cette chaleur silencieuse de plomb, travaillent pour leur bac, sous le toit affreux de la salle 842, 4ème étage,bâtiment N du centre scolaire Crustournère.
Le jeune et niais Fabien Colle regarde sa feuille où il a écrit quelquechose. Devant lui, se trouve son ennemi juré, Jean Hoffenori, avec son petit air malicieux, ses yeux cernés et sa bouche désaprobative. Le temps est suspendu dans une affreuse angoisse scolaire et studieuse. Les mots grattés sur le papier, et mille fois répétés, agacent la jeune Fabien Colle.
Fabien Colle va encore écrire un mot. Mais il ne convient pas. D'autre se bousculent à la sortie de son cerveau. Le moite stylo fait des petits bonds comme la plus poisseuse des sardines. Les oreilles lui sifflent. Un gros, derrière lui, ne s'arrête pas de tousser et de se moucher. Une fille sérieuse écrit sa douzième page avec soin et précaution. Le gros tousse à nouveau, et Fabien écrit encore un mot sur son papier. Près de la fenêtre, un fille, très jolie mais intensément stupide, met son pull chaque fois qu'un nuage passe au-dessus du centre scolaire, et l'enlève chaque fois que le nuage laisse passer le soleil. Les heures passent avec une horrible délicatesse. Le gros tousse à nouveau, et pousse un petit cri de défis à son gros rhume. Fabien Colle écrit un petit mot sur sa feuille de brouillon.
L'épidémie semble se communiquer au vieux professeur qui surveille derrière lui, qui pousse un superbe toussotement, auquel le gros répond comme pour se réaproprier ce geste thoracique.
La fille remet son pull. La fille sérieuse termine sa treizième page. Le gros tousse encore, le professeur lui répond, le gros répond à son tour.
Fabien Colle écrit encore un mot et constate qu'il a finit. C'est amusant, dit il en lui même. Je ne croyais pas être si près de la fin.
Oui ce texte m'a été inspiré par Mr Abricot. Il faut croire que le temps doit être aux examens, où à ceux qui parlent des examens!
vendredi 14 mars 2008
A quoi bon ruminer sa haine...(2)
Cela va faire un mois que le vol de chiroptères entré en trombe dans l'appartement a ravi le manuscrit de Tout-ce-qu'on-possédait sur Romain d'Autriche. (Cf Archives démentes sur les terroristes/message précédent)
Tout est-il perdu pour vous lecteur victime? Non, j'assume l'enquête!!
Car du fond des Archives une ombre surgit... le portrait robot d'Alissia, la chef de gang des Chauves-Souris qui en veut au Ministère des Fonctionnaires! Je vous livre cette encre d'un Chinois méconnu (moi)
samedi 20 octobre 2007
L'Horloge
Tableau IV
(Note: je reprends mes Contes du Réfrigérateur, à cause de la sclérose formelle de l'écriture. Ouh, mes petits contes du Réfrigérateurs... Dorénavent vous pouvez aussi dire "Les Contes Froids", car il s'agira sous peu, peupeu, d'un nouveau sous groupe des Contes du Réfrigérateur.)
Personnages: Un chat vieux & miteux, rien que silencieux. Une vielle dame en robe somptueusement défraîchie, verte poussière à motifs végétaux, un long boa plumeux et gris masque son cou, rien que silencieuse. Un enfant, qui s'ennuie. Une vaste horloge. Plus tard: un homme dans la force de l'âge.
Il est tard. Nul ne peut stopper l'horloge démoniaque & politiquement incorrecte qui précipite ce jour d'automne vers une nuit noire et pleine de mystères. La vielle est assise dans un somptueux fauteuil Loui XVIII, d'une couleur vert-de-gris des vieles étoffes. Le Chat et elle, en silence, s'addressent des regards entendus. L'enfant tente de reproduire le rythme de l'horloge sur son cheval à bascule.
SOUDAIN, le temps se déchaîne: une seconde s'est écoulée. Une seconde terrifiante. Le ciel prends en un tout petit lieu un tout petit acent héroïque et tragique. L'horloge sonne un coup. L'enfant écarquille les yeux. Le Chat bouge un peu sa tête. Un homme dans la force de l'âge passe la tête à travers l'encadrure de la porte et annonçe: "Le dîner va être servi". Mais tandis qu'il disparaît, le miracle n'en finit pas! Imperceptiblement, comme sans le faire exprès, sans en référer à l'Olympe, la vielle change le rythme de sa chaise à Bascules. Elle sait, mais ne le dit pas, qu'il va, doit et peut se passer quelquechose, à l'instant, dans un instant... Quelque chose de terrible. "Ca" s'annonce et "Ca" va arriver*. Bientôt ils ne serviront plus à rien, et plus rien ne servira plus à rien. La vielle addresse un regard appliqué au chat. Celui ci a également sentit que l'apocalypse allait survenir. Les arbres du parc sont agités d'immondes ondulations. De la forêt vient un ronflement qui semble s'amplifier. Ce ronflement vient de la forêt vers la maison. La vielle dame pose son tricot, prédisant l'arrivée imminente d'une chose terrible. Le chat l'a vue faire, et malgré tout reste comme un sphynx sur le vaisselier. L'Horloge continue de Tictacquer d'un air diabolique. Le Ronflement en provenance de la forêt semble prendre des proportions gargantuesques... Peut être suffisement grandes pour absorber la maison toute entière... Il semble à présent que le temps, le vent et tous les éléments prennent un élan magisrtal pour fondre quelquepart, ou pour se préparer au pire... Il n'y a plus de doute à présent, l'Horreur va surgir dans la minute... Une chose terrible. Déjà les anciennes prophéties font profile bas et on peur des nouvelles, celles qui arrivent. Plus personne ne saurait l'enpêcher, elle arrive, Elle est là... La vielle dame dresse son nez sec et écoute. Le chat l'a vue faire, mais garde malgré tout son étrange position de sphynx hiératique. Le gamin ne fait plus rien, il a perdu le rythme de l'Horloge. Il en semble tout catastrophé. Le ronflement venant de la forêt prends un dernier élan. Le ciel se couvre et la maison s'assombrit. Le sol bouge imperceptiblement. Ca arrive! C'est là! Elle est là! Le ronflement prend un dernier élan... Les feuilles tendent, le ciel mugit, les meubles craquent et se resserent, les humains craignent et font silence...
Et Ca arrive. Dix-huit heures, six coups.
Un léger silence vient juste après les six coups, puis la vielle reprends son ouvrage, le chat reprends le lavage de sa patte, l'enfant retente de reproduire le grincement de l'horloge sur son cheval à bascule.(naturellement, le cheval ne hennit pas. Pensez-y.) Un homme passe sa tête dans l'encadrure de la porte et annonce "Le dîner va être servi".
Fin du TableauVI
samedi 13 octobre 2007
John à Heksos(suite& fin)
J'ai dit que j'allais me faire violence en vous donnant à lire la fin de Johneries du pr. John; ce sera chose faite dans quelques instants.
Mais avant, j'annonçe que.... je conseille à tous les lecteurs la "Boitamou", ce blog libre de tout qui préserve l'anonymat et vous permet... de ne rien faire. Je vais la rajouter dans mes liens, lienlien. Bien . Envoyez la musique...
Sébastien était grand & maigre, d'une grandeur encore amplifiée par un impressionnant haut-de-forme noir et taupé qui rasait ses yeux. Ses yeux que d'ailleurs on ne voyait pas, cachés sous d'affreuses bésycles noires: ce monsieur craignait la lumière trop vive du soleil. Une redingote noire à col montant le faisait ressembler à un sinistre corbeau. Son visage pâle comme du papier à lettres était fendu d'une bouche qui ne dégageait aucune insanité, puisque le malheureux était muet.
Son frère jumeau lui ressemblait en tous points, quoi qu'un peut moins maigre peut être, et le visage plus rigide. Lui parlait, et c'était une horreur: forte aigue, celle des monstres dans les filmographes, un peu comme s'il respirait constamment un indiscible hélium.
L'instant qui permit à John de détailler les deux commis leurs offrit à la vue une scène de genre cocasse: Dans une chambre meublée avec goût, trois hommes s'ennuyaient: l'un lisait au fond d'un fauteuil, un autre, couché parmi les coussins, jouait à être un chat, et le dernier leur avait ouvert le battant à rideaux verts.
Ce bref tableau nous renseigne donc sur les inclinations philosophiques de ces trois hommes qui vivaient dans cet exquis appartement; de vrais épicuriens, jurant sur le mystique & sur l'élevé. Ils avaient du reste fait partie du "club des Illuminés," association de personnages étranges & biscornus au possibles qui échangeaient en des lieux secrets moult théologies, philosophie complexes profilées comme eux.
Il advint bien des choses étranges* après que Martin, Otto et John eussent été chassés de la ville par les deux commisssaires. En tous les cas, ils parvinrent aux pieds des Murs à la mi-janvier. Le pieds des murs est une vraie calamité, lorsqu'on y croise quelqu'un, c'est un des pires fous, ceux qui donnent à leur folie l'appui d'une réfléxion solide. Ils vont, ils viennent, déplacent leurs corps étiques de fatalistes péripatéticiens, assénant aux passants cez qui a macéré dans leurs esprits morbides. Il faut en parles en détail. Parmi tous ceux qui vécurent au plus mal la fermeture définitive de l'Urbanika sur le monde, il y avait deux groupes de philosophes principaux: les Quiets et les Inquiets. Les Inquiets moururent tous dans les années qui suivirent, assassinés, suicidés ou tout simplement évaporés. Les Inquiets croyaient qu'il y avait un moyen de franchir les murs, et vivaient des vies d'ermites mécaniques, le regard porté vers par-dessus les murs. Ils ruminaient de la physique, de la logique formelle, des mathématiques et de la mécanique, à la recherche de la manière de voler. Ils ne s'intéressaient par contre pas du tout aux gens, ni à leurs vies. Ils sont les auteurs de tant d'ouvrages navrants tels que "De la Vérité", "Du rêve de l'homme", "Du Vol". Ouvrages qui du reste ne parurent jamais dans la capitale, vous pensez bien...
Les Qiets, eux, étaient aussi nommés "Résignés". Cette doctrine prédisait qu'il serait impossible de franchitr les Murs. Les gens là se firent si convainquants, que beaucoup de citoyens cessèrent de lutter, trouvant sans se le dire vraiment que ce n'était pas plus mal, que le monde avait simplement changé de limites. Les Quiets trouvèrent leur raison d'être en déambulant le long de la muraille: ils rabattaient les ardeurs de tout sot pensant que l'on pouvait sortir.*
Ainsi, l'on ajouta à la solidité de l'édifice une solide croyance en son indestructibilité, et en le mal fondé du monde au-dehors.
John, Martin & Otto n'étaient pas des héros, pour sortir ils usèrent d'une porte, et cela leur sembla fort naturel. Ils furent à peine déçus du paysage outre mur.
Il est important de noter que, à l'origine, John n'avait pas eu l'intention de sortir de la terre ceinte. Ils étaient venus en touristes, assez stupidement, voir comme tant d'autres les Limites du Monde Connu.
Quand, plus tard, John se rendit compte de la grandiosité de son acte,-c'était dix ans après à Tiktograd- il l'assimila à son passage chez M. Hamilcar. En réalité, il ne fit qu'être balancé par le hasard vers la seule porte que les Quiets avaient négligé de garder: la porte HHHHaute...
La potre haute était une porte ordinnaire. Elle était laide, mal faite, une porte de service; rien à voir avec les portails grandioses des grandes entrées. On montait à travers l'épaisseur du Mur par un petit escalier esquinté, humide et sombre. Le pavé est inégal, des vandales et des vauriens traçèrent des signes caballistiquessur les murs au crépit blanc. On débouche alors sur un petit escalier de bois qui longe le mur de l'autre côté, et qui mène à la nation libre de l'Erteneara. Bien sûr, John ne savait pas encore qu'a Tiktograd, il allait devenir fou, mais il reste cependant ce genre de héros stupides qui s'est rendu les honneurs sortant d'un monde bizarre.
*1: Voir: "Entrechats, Sarabandes & Devenir des amis de John, ou pourquoi Otto finit par disparaître" (édition Plon).
*2L'intégralité de cette situation étrange est détaillée dans le "Stupidicon" de Chocrate (éditions de l'antique décorateur d'huîtres molles.
dimanche 7 octobre 2007
John à Heksos
Martin qui le reconnu aussitôt. Ils convinrent que John vivrait chez eux aussi longtemps qu'ils le désireraient*. Ils marchèrent dans les ténèbres vers la maison de Martin, au troisième étage d'un brillant Haussmannien (qui, vu que c'était la nuit, ne brillait pas du tout). Il y passa quinze jours de son existence. Le trois Janvier, il y eut un coup d'état: le gouverneur d'Heksos fut renversé par le lapin vautré dans sa chaise de poste*,qui, ayant reçu des blessures de sa rencontre avec John, gagna tout naturellement le coeur et la compassion des concitoyens. Hélas, ce lapin avait de la rancune et une mémoire vindicative; lors de son accession au trône, il fit chasser John, Martin et Otto de la vile, dans les circonstances étranges qui suivent.
C'était le trois janvier, vers quatre heures de l'après midi. Martin examinait un ouvrage d'anatomie comparative & désintégrale, Otto lisait d'autres choses. John les regardait faire, mais se gardant de toute intervention: ceux qui le connaissent peuvent attester qu'il n'entre en activité intellectuelle qu'à la nuit tombée. Le silence est magnifique. La lumière est pâle, atténuée par de lourds nuages hivernaux. Blanc sur les façades, valses blanches dans les nues, noir, & noir d'allumettes des intérieurs & des troncs. Tout cela est pesemment silencieux.
Sur la porte on donna des coups secs et répétés de cannes à pommeau d'argent. Otto n'infligea pas à la paresse de John la souffrance de s'extirper du complexe amas decoussins orientaux, et alla ouvrir. C'étaient deux hauts hommes sinistres. Ils étaient les fort connus "Commissaires jumeaux", Sébastien et Max, que cette partie de la ville avait très vite reconnu et détesté. Ils toisèrent un long instant le pauvre Otto, lequel long instant fut mis à profit par les autres pour détailler les deux individus.
*1 ce n'est pas une erreur, c'est bien les personnagres qui décident combien de temps John reste.
*2pour cette histoire en détails, se référer aux "Mémoires du Lapin Vautré dans sa Chaise de Poste."




